Making-of 3DVF : Création de moules par photogrammétrie et impression 3D

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zeauro

Membre très actif
#6
Question bête et méchante : C'est légal ?
Les musées font leur beurre des visites et, jusqu'à présent de l'exclusivité sur la gestion de l'image, la reproduction des objets de leur collection.
A la base, les photos sont autorisées avec un éclairage pourri pour un usage privé. Avec l'idée sous-jacente que des photos prises dans de telles conditions sont inexploitables.
Les appareils photo étant de plus en plus performants. ça va leur poser un sacré problème : si tout le monde se met à faire des répliques et que cette exclusivité leur échappe.
 
#7
Ça me parait important pour conserver les modèles et donc la culture si l'original est abimé, détruit, volé, comme je pense que tous les tableaux des musées doivent être numérisés pas uniquement pour les amateurs d'art.
 

Shadows

Rédacteur Web - Equipe 3DVF
Membre du personnel
#8
@zeauro Au contraire, c'est une excellente question. Il y a de gros débats à ce sujet, certains musées voulant interdire totalement les photos, ou considérant qu'une reproduction photo de tableau dispose d'un droit d'auteur (c'est la position actuelle des musées nationaux).
Les choses ont évolué ces dernières années notamment grâce au militantisme d'amateurs de photo (en particulier pour le Musée d'Orsay) et à la campagne "Tous Photographes" du ministère de la culture en 2014 : http://www.culture.gouv.fr/Espace-d...ratiques-dans-les-etablissements-patrimoniaux . Ca a notamment permis l'autorisation des photos au Musée d'Orsay, mais sans changement sur les copyrights collés sur des photos de tableaux, alors qu'il s'agit justement de répliques qui se veulent neutres, sans ajout artistique.
Il y a aussi eu ce genre de débat dans le cadre du projet Google de numérisation haute résolution de tableaux : http://www.liberation.fr/ecrans/2011/02/08/google-art-project-un-musee-pas-si-ouvert_960820 et la fondation Wikimedia est partie du principe que ces images n'avaient pas à être privatisées. On les retrouve du coup sur Wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Google_Art_Project .
En pratique, Wikimedia n'a pas eu de procès, et il me semble que certains éditeurs de livres ont utilisé ces images sans procès non plus.

Pour un scan, c'est encore plus complexe, vu le travail qui dépasse la simple photo de tableau "neutre", qu'il y a des retouches voire, comme ici, un modèle 3D dérivé qui n'est plus le scan d'origine. Pour le moment j'opte soit pour une mise en ligne sans téléchargement, soit pour du Creative Commons avec attribution et sans usage commercial : le denier point étant sans doute ce qui pourrait poser problème et déclencher des procès. Et bien évidemment, si l'objet n'est pas dans le domaine public, je ne propose pas le téléchargement.
Dans l'absolu je ne vois pas comment un musée pourrait prétendre à un droit d'auteur sur la forme d'une antiquité. A la rigueur, ça pourrait passer par l'éclairage (comme pour la Tour Eiffel, dont l'éclairage fait que les photos de nuit sont soumises à un droit d'auteur), mais pas sûr que ça puisse s'appliquer aux spots d'une vitrine de musée.

En tous cas, à l'heure actuelle, je n'ai reçu aucune demande de retrait. Inversement, certains community managers de musées voient la démarche de façon très positive.

En parallèle, certains musées (notamment aux USA) proposent des photos de leurs tableaux, statues et même des scans 3D avec des licences très ouvertes. Et des communautés se mettent en place, comme sur Sketchfab ou Scan The World ( https://www.myminifactory.com/fr/scantheworld/ ).

Pour le marché des répliques, on est encore loin de la menace commerciale : entre les photos et la reconstruction, c'est un travail fastidieux et loin d'être au niveau de ce que peuvent obtenir les pros avec un éclairage contrôlé. Et en termes de prix, passer par un site d'impression en ligne donne le même type de tarif que les statuettes disponibles dans les boutiques. Avec une imprimante perso, ça devient moins cher, effectivement, mais ça représente un usage sans doute infime. A l'opposé, investir dans les scans permettrait aux musées de proposer un plus grand choix de modèles aux visiteurs : au Louvre, je peux acheter la Vénus de Milo, mais impossible de repartir avec une copie de l'immense majorité des oeuvres.
Sachant en plus qu'il y a des subtilités dans le fonctionnement des musées : par exemple, les boutiques des musées nationaux comme le Louvre sont gérées par la Réunion des Musées Nationaux, pas par les musées eux-mêmes, et l'argent est redistribué ensuite.

Bref : c'est une vraie question, mais je n'ai pas de réponse claire. :)
 
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